Yôko Ogawa, Manuscrit Zéro,

traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle, Actes Sud 2018, 233 p.

Ce texte (ou devrait-on dire ces textes) est très différent des romans habituels de Yôko Ogawa. Publiant généralement des nouvelles et des romans, elle a ici inauguré un autre genre, difficilement définissable. À la croisée de manuscrits bruts issu d’une sorte de journal intime et de nouvelles ayant pour personnage principal toujours la même personne : elle-même.

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Pascale Kramer, L’implacable brutalité du réveil

Genève : éditions Zoé 2017, 205 p.

Une désillusion, des regrets, presque du dégoût. Un cri du cœur du personnage principal : Alissa. Celle-ci vient de créer la vie et ne ressent pas le fameux « amour maternel » tant imaginé, tant convoité. Au contraire. Elle n’aime pas son bébé. Elle ne veut plus être mère. Mais à qui en parler ? Qui peut comprendre ? Pas son mari. Pas sa mère. Alissa est seule dans ce combat avec elle-même, s’éloignant ainsi de sa vie et de son couple

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Haruki Murakami, Des hommes sans femmes

Traduction de Hélène Morita, éditions 10/18, 2018, 282 p.

Après avoir dévoré les cinq premières nouvelles, j’ai fini par conclure que Murakami avait, comme toujours, réussi avec brio à harmoniser l’ensemble des personnages des ses nouvelles. Lecture plaisante et sans chichi, à la fois comme d’habitude et toujours un peu différente. Je le trouvais très « murakamiesque ». Jusqu’à la sixième nouvelle.

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Pasi Ilmari Jääskeläinen, Lumikko

Traduit du finnois par Martin Carayol, Editions de l’Ogre, 2016

Ella Milana est une jeune femme naïve. Institutrice, elle a réalisé une recherche universitaire sur la grande auteure de livres pour enfants Laura Lumikko. Elle collecte régulièrement les rédactions de ses élèves afin de les livrer à cette dernière, car la très célèbre société littéraire qu’elle a créée n’a toujours que neuf membres, sur les dix nécessaires.

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Audur Ava Olafsdóttir, L’Exception

Traduit de l’islandais par Catherine Eyjólfsson, Zulma 2014 (Points 2016 pour le format poche), 286 p.

Troisième roman d’A. A. Olafsdóttir, l’Exception
rappelle très fortement son deuxième roman L’Embellie. En effet, comme l’héroïne de celui-ci, María se fait quitter dès le début de l’ouvrage. Rupture toute aussi douloureuse que dans l’Embellie (pour ceux qui ne l’ont pas lu, celle-ci se fait quitter pour une autre femme, mise enceinte), María se fait quitter… pour un homme cette fois. Et le soir du nouvel an qui plus est, dix minutes avant le changement d’année. Flóki, le père de ses deux enfants par vivre habiter avec un homme, s’appelant aussi Flóki.

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George-Olivier Châteaureynaud, L’Autre Rive

Paris, Zulma, 2017, 749 p.

Un lieu : Ecorcheville, ville dressée au bord du fleuve Styx. De l’autre côté ? Les Enfers, évidemment ! Ecorcheville, ville des extrêmes. Ecorcheville, où l’air est chargé des effluves lourdes du Styx. Ville où la pluie peut être visqueuse, acide, mais aussi salamandres, poissons, insectes. Seule ville où l’on connaît encore l’esclavagisme, et où tout le monde trouve ça à la fois complètement normal et absolument aberrant face au reste du monde ayant aboli ceci depuis des siècles. Ville moderne, où l’on peut se suicider dans des machines fonctionnant comme des photomatons pour une somme de dix euros. Ville antique, où trois riches familles se disputent le pouvoir. Continuer la lecture de « George-Olivier Châteaureynaud, L’Autre Rive »